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                Ce que je suis…, ce que je propose…

 

 

 Florence De San Nicolas

Praticienne en thérapies à médiation corporelle

 

Mon intérêt pour les techniques corporelles holistiques remonte à une vingtaine d’années. Pourquoi ne pas suivre ce chemin… qui commence à Londres en 1990, avec le massage de relaxation et des zones réflexes à l’Ecole de Julia Stantson, pour se poursuivre en France avec le Shiatsu (Institut de Shiatsu Traditionnel en Avignon – 2001), ainsi que le massage des organes internes, plus communément appellé massage du ventre (Chi Nei Tsang); Je suis membre de la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel dont je suis diplômée.

 Je chemine toujours, avec de plus en plus d’envie et de curiosité, car c’est un domaine surprenant et passionnant. Vous trouverez de plus amples informations sur ces diverses thérapies manuelles dans les articles joints.

 

Parallèlement à ce parcours, je suis engagée dans la relation d’aide, en particulier auprès de personnes âgées, nos précieux Aînés, ainsi qu’auprès de personnes en fin de vie, que j’accompagne. J’essaie de prodiguer à ces personnes souvent fragilisées par la maladie ou le grand âge, du soutien, un réconfort, tant par le toucher que par l’écoute. Militante pour le développement des Soins Palliatifs en France, je suis membre de l’ ASP-Gard et c’est à ce titre que j’ interviens au CHU de Nîmes.

Stratégie anti-gastro

 

Stratégie anti-gastro

Chère lectrice, cher lecteur,

L’extrême douceur des dernières semaines en Europe a dopé les bactéries. Elles passent à l’attaque maintenant qu’arrive la vague de froid: avec le confinement dans les espaces chauffés et dans les transports, leur transmission est rendue plus facile. Parallèlement, les basses températures ralentissent le fonctionnement du système immunitaire et la lutte contre les infections intestinales. Dès les premiers froids, il est urgent d’adopter quelques mesures simples pour éviter d’être bêtement touché par ces épidémies hivernales.

Boostez votre système immunitaire

La vitamine C est essentielle au début de l’hiver. Elle est primordiale pour maintenir votre système immunitaire en état de contre-attaquer si un microbe cherchait à se frayer un chemin dans votre corps. Pensez donc à consommer beaucoup de poivrons, de brocolis, de choux, d’oranges et de mandarines, qui regorgent de vitamine C, mais aussi de la banane, qui est une excellente source de magnésium. Toutefois, il est douteux que vous puissiez atteindre la quantité nécessaire de vitamine C sans prendre de complémentation.

Vous avez peut-être aussi déjà entendu parler, dans les rayons de phytothérapie, des échinacées, ces plantes qui renforcent le système immunitaire. Vous pouvez trouver des préparations sous forme de teinture mère : le principe actif de la plante est extrait avec de l’alcool, mais les quantités restantes dans le produit final sont très faibles. En prévention, vous pouvez prendre trente gouttes d’échinacées, trois fois par jour, à mélanger dans de l’eau ou tout autre liquide. La cure dure deux semaines à un mois, et est à renouveler si vous sentez des alertes. Un flacon de 60 ml d’échinacées coûte environ quatre euros, et devrait pouvoir vous tenir tout l’hiver.

La propolis, à mâcher, en spray, ou en goutte à diluer dans un verre d’eau tiède, est aussi un excellent stimulant du système immunitaire. La propolis est un enduit dont les abeilles se servent pour recouvrir toutes les surfaces intérieures de la ruche afin d’en assurer l’étanchéité et surtout pour lutter contre les invasions microbiennes ou fongiques (champignons). Les abeilles fabriquent la propolis à partir de diverses résines qu’elles recueillent sur les bourgeons et l’écorce des arbres (surtout sur les peupliers et les conifères), et auxquelles elles ajoutent de la cire et des sécrétions salivaires.

Pour renforcer son système immunitaire, la cohérence cardiaque a fait ses preuves [2]. Elle consiste en l’application de respirations plus longues qu’habituellement, avec cinq secondes d’inspiration par le nez (pour éviter le passage des bactéries de l’air directement dans la gorge, grâce aux poils qui sont dans le nez) puis cinq secondes d’expiration par la bouche pour que ce soit plus profond. Appliquez ces respirations trois fois par jour pendant cinq minutes, cela sera bon pour augmenter votre résistance mais vous permettra aussi de passer un moment au calme.

Essayer de bien dormir, de manger beaucoup de fruits et légumes, de faire de l’activité physique (au moins trente minutes d’activité à l’extérieur, chaque jour).

Soignez votre flore intestinale, pièce stratégique de votre dispositif de défense immunitaire. Une flore fournie et adaptée vous permettra de lutter plus facilement contre les infections intestinales comme la gastro-entérite. Consommez des prébiotiques, des fibres particulières que vous ne digérez pas mais qui serviront de nourriture aux bonnes bactéries peuplant votre intestin, et des probiotiques, c’est-à-dire les bactéries et levures qui ont un effet positif pour votre santé et qui régénèreront votre flore intestinale.

Le miso –une forme de soja fermenté – et les produits issus de la lactofermentation ou fermentations lactiques, comme la choucroute crue, sont des aliments quasi miraculeux pour la reconstitution de la flore intestinale et bactérienne en générale.

Reconnaître la grippe intestinale

Si vous vous sentez nauséeux, avec un faible appétit, que vous ressentez des crampes abdominales et vomissez brutalement, que vous êtes victime de diarrhée, fièvre ou maux de tête, vous avez probablement contracté une gastro-entérite [1] . C’est une maladie qui peut être d’origine bactérienne, provenir de parasites, mais qui est dans la majorité des cas provoquée par un virus. On l’appelle alors la grippe intestinale. C’est la forme qui prédomine pendant l’hiver.

Chez les enfants de plus de deux ans et chez les adultes, le virus de la gastro est généralement le rotavirus.

Les bactéries qui causent la gastro se transmettent par voie oro-fécale, un mot qu’emploient les médecins et les personnes polies pour désigner un mode de transmission particulièrement dégoûtant. En effet, la voie oro-fécale veut dire que des selles contaminées se retrouvent dans la bouche, le nez ou les yeux d’une autre personne. Cela se produit quand vous touchez une personne ou un objet souillé par des excréments puis que vous vous frottez les yeux, le nez, ou que vous mettez vos doigts dans la bouche, ou quand vous buvez de l’eau qui a elle-même été contaminée par des excréments.

Le rotavirus, lui, se transmet par les microgouttelettes libérées dans l’air lorsque vous toussez ou éternuez.

Une personne touchée peut être contagieuse le jour précédant ses premiers symptômes et durant cinq à dix jours. Elle peut contaminer presque 80 000 personnes par jour si elle fréquente des lieux publics. A la surface des objets, le virus de la gastro reste actif dix jours ! Une fois que le rotavirus est entré dans votre corps, il va chercher à pénétrer dans l’une de vos cellules. Car c’est là que ce fâcheux intrus va se développer puis passer dans les cellules voisines pour les contaminer à leur tour. Votre première arme contre ce virus est donc de l’empêcher d’entrer dans votre organisme.

Règles élémentaires d’hygiène

Evitez en toute circonstance de toucher vos muqueuses avec des mains sales ou tout autre objet à la propreté douteuse. Les muqueuses sont très perméables aux bactéries, et c’est par elles que vous risquez le plus d’être contaminé. Les mains sont le principal véhicule, car toutes vos « lignes » dans la paume sont souvent chaudes et humides. Elles offrent aux bactéries un abri douillet pour se loger et proliférer.

La transmission se fait le plus souvent avec les gens que vous fréquentez de près, donc entre collègues de travail, voyageurs dans les transports publics, en famille, avec votre conjoint. Pour les enfants, ce sont évidemment les camarades de crèche, d’école et les professeurs qui sont la première source de contamination.

Les barres de métro/bus/tramway ne sont pas, chez nous, nettoyées tous les jours, comme c’est le cas au Japon. Les menus dans les restaurants, les barres des caddies, les digicodes et même, plus surprenant, les stéthoscopes de nos médecins, ainsi que les appareils pour mesurer la tension, sont des nids à bactéries.

Si vous ne pouvez pas éviter le contact avec des sources potentielles de bactéries, lavez-vous les mains régulièrement au savon, en prenant garde de ne toucher ni vos yeux, votre nez ou votre bouche.

La Haute Autorité de Santé en France (HAS) a également mis en place en juin 2007 des recommandations à suivre dans les cabinets médicaux [3].

Apprenez à tousser correctement

Si vous êtes comme moi, vous avez appris, étant petit, à mettre la main devant votre bouche lorsque vous toussez. C’est évidemment mieux que rien, et cela protège en effet votre entourage des postillons et des microbes, tout en leur évitant le spectacle pas toujours gracieux d’une langue, d’une dentition et d’une gorge exposées. Songez cependant que votre main est désormais contaminée et qu’il faudra vous laver les mains au savon et à l’eau chaude, puis avec un gel antibactérien désinfectant si vous ne voulez pas faire de cadeau empoisonné à la prochaine personne à qui vous direz bonjour. Vous pouvez limiter ce risque en toussant dans votre coude, ou dans un mouchoir si vous en avez le temps. A ce propos, oubliez les mouchoirs en tissu de votre enfance, nids à microbes, et préférez-leur les mouchoirs en papier jetables.

Que faire si vous êtes déjà atteint ?

D’abord, vous devez interrompre votre régime alimentaire normal, mais avec les vomissements et les diarrhées provoquées par la gastro-entérite, vous l’aurez certainement fait spontanément. Dans la mesure où vous perdez beaucoup de liquide, par le haut et par le bas, vous devez lutter contre la déshydratation, en buvant régulièrement de l’eau de riz. Dès que votre appétit renaît, mangez de la purée pomme de terre-carottes (sans lait), du poulet bouilli cuit avec des légumes, et le bouillon ainsi obtenu. Peu à peu, vous pourrez réintroduire le riz et le pain.

Au bout de trois jours sans diarrhées ni vomissement, vous pourrez reprendre votre alimentation habituelle. Mais évitez quand même les aliments gras et les viandes autres que le poulet bouilli au début de la reprise alimentaire.

Pour confectionner de l’eau de riz, faites bouillir pendant trente minutes un volume de riz complet dans seize volumes d’eau avec une demi-cuillère à café de sel de mer gris. Passez le liquide au chinois pour retirer le riz, laissez tiédir. Au moment de servir, vous pouvez ajouter un peu de miel pour améliorer le goût.

L’huile essentielle de thym est votre grande alliée pour les maladies infectieuses, y compris celles des enfants. Avec les pépins de pamplemousse chinois, elle détruit tous les germes néfastes des intestins. Deux gouttes dans une cuillère à café de miel mélangées à une tisane de romarin seront bénéfiques aussi bien pour la gastro que pour la grippe.

Le sirop de sureau noir est le grand champion des infections virales. Les résultats des recherches montrent que l’extrait des baies est capable d’enrayer en deux jours les symptômes de la grippe intestinale chez 93,3 % des sujets traités.

A votre santé,

Jean-Marc Dupuis

Source : La Lettre Santé Nature Innovation 28/11/15

Prendre soin de l’humain

Nous savions que la vie était fragile, que l’humain c’était par moments et que la démocratie était menacée par les forces archaïques qui habitent encore le monde.

Nous savions que, face à la vacuité de nos modèles économiques fondés sur la consommation compulsive, notre occident peinait à offrir un autre idéal que l’assujettissement aux intégrismes.

Nous savions que tout ce qui nous tient à cœur est mortel et que l’obscurité absolue peut, un jour, faire oublier l’espoir de toute lumière…

Que cette nuit terrible où nous avons éprouvé la terreur de la pénombre, nous rappelle notre fragilité et notre finitude.

Qu’elle renforce ainsi notre détermination à prendre soin de toute vie, de toute pensée libre, de toute ébauche de solidarité, de toute joie possible.

Prendre soin de la vie et de l’humain, avec une infinie tendresse et une obstination sans faille, est, aujourd’hui, la condition de toute espérance.

Sachons qu’un seul sourire échangé, un seul geste d’apaisement, aussi minime soit-il, peut encore, contre tous les fatalismes, contribuer à nous sauver de la barbarie…

Philippe MEIRIEU

 

Dernier instant de l’année pour votre vitamine D

Chère lectrice, cher lecteur,

Nous approchons des derniers jours pendant lesquels vous pouvez encore vous exposer au soleil et emmagasiner de la bonne vitamine D.

Un bon taux de vitamine D (entre 50 et 65 ng/mL) aide à prévenir et traiter certains cancers, maladies auto-immunes (dont sclérose en plaques et diabète de type 1), la dépression, les fractures, les infections (grippe, rhume) et une myriade d’autres problèmes.

Cela fait partie des mesures uniques les plus importantes pour la santé.

Si vous étiez un indigène des tropiques passant l’essentiel de votre temps au grand air, vous n’auriez pas besoin de vous soucier de votre vitamine D.

Mais si vous vivez dans un appartement sans balcon ensoleillé, si vous travaillez dans un bureau, ou dans une usine ou un atelier éclairé à la lumière électrique, dans une maison de retraite ou, pire encore, dans un hôpital, vous êtes certain de manquer de vitamine D.

La vitamine D, une ressource rare dans les pays tempérés

Vous fabriquez de la vitamine D sans y penser chaque fois que le soleil est haut dans le ciel et que ses rayons caressent votre peau.

Les rayons ultraviolets B (UVB) transforment alors un précurseur du cholestérol qui se trouve dans votre peau en vitamine D3, que les spécialistes appellent « cholécalciférol ».

Le problème, sous nos latitudes (France, Suisse et plus encore Belgique, Angleterre et Québec), est que la longueur d’onde des rayons du soleil ne suffit pas à la synthèse de vitamine D3 toute l’année, laquelle devient une ressource rare et précieuse.

Plus le soleil est haut dans le ciel, plus ses rayons déclenchent la formation de vitamine D3. Mais :

  • lorsque le soleil décline, en fin de journée,
  • et lorsque le soleil reste bas dans le ciel, pendant les mois d’automne, d’hiver et de printemps, dans les pays européens et en Amérique du Nord…

… la longueur d’onde des rayons est trop longue. Vous avez beau vous mettre au soleil, bronzer même, par exemple au ski, la triste réalité est que vous ne fabriquez plus du tout de vitamine D.

La vitamine D n’est synthétisée que lorsque la longue d’onde du rayonnement solaire est comprise entre 290 et 315 nanomètres. Un pays comme la France ne reçoit aucun rayonnement inférieur à 313 nm entre février et novembre. À la latitude de Paris, on ne fabrique pas du tout de vitamine D entre la mi-octobre et mi-avril [1] !

3 personnes sur 4 en déficit de vitamine D

La conséquence est que, selon toutes probabilités, vous passez 6 mois de l’année ou plus en déficit total de vitamine D. En France, en hiver, 74 % des hommes et 78 % des femmes sont en déficit de vitamine D [2].

Le résultat : des dizaines de milliers de cercueils pleins, alors qu’ils auraient pu rester vides.

Selon une étude réalisée par les trois spécialistes de la vitamine D – WB Grant, CF Garland, et MF Holick –, si la seule Grande-Bretagne recevait autant de soleil que la Floride, il y aurait 22 000 morts en moins rien qu’à cause du cancer [3].

Vos réserves épuisées dès la mi-octobre

Il faut savoir en effet que, pendant les mois d’été, si nous nous exposons bien au soleil, nous accumulons chaque jour jusqu’à 10 000 Unités Internationales de vitamine D.

L’Unité Internationale (UI) correspond à 0,25 microgrammes de calciférol. Or le corps en consomme environ 5000 UI par jour. Les réserves de l’été, même lorsqu’elles sont fortes, sont donc généralement épuisées à partir d’octobre-novembre dans l’hémisphère nord [5].

Exposez-vous donc au soleil toutes les fois où le temps le permettra, pendant 15 minutes.

Ensuite, à partir de la mi-octobre, prenez un complément alimentaire quotidien de vitamine D.

Les autorités sanitaires recommandent 200 UI par jour mais tous les spécialistes dignes de ce nom recommandent 7 à 10 fois cette dose (donc 1400 à 2000 UI par jour) [4].

L’avantage du complément alimentaire quotidien, par rapport à la dose flash de 100 000 ou 200 000 UI prescrite par les médecins est qu’elle vous apporte votre vitamine D de façon progressive, à la manière dont le corps la reçoit naturellement (ou devrait la recevoir naturellement, si nous vivions toujours au grand air comme nos ancêtres).

Prendre une Uvédose de 100 000 UI d’un coup revient à se prendre un mois de grand soleil dans la figure, ce qui pourrait ne pas avoir du tout les mêmes effets bénéfiques pour le corps. C’est pourtant ainsi qu’elle est vendue en pharmacie.

Par contre, avec un complément alimentaire de vitamine D3 naturelle, vous ne courrez aucun risque.

Aucun risque d’intoxication

Il n’y a aucun risque d’intoxication à la vitamine D à 1000, 2000 ou même 5000 UI par jour, et le rapport coût/bénéfice est énorme.

Selon Thierry Souccar‚:

« D’après la littérature, il est possible de prendre jusqu’à 10 000 UI par jour pendant au moins 5 mois sans qu’il y ait de toxicité. Il faudrait probablement prendre entre 30 000 et 50 000 UI par jour pendant une très longue période pour être intoxiqué. L’intoxication typique à la vitamine D est due à des prises involontaires de centaines de milliers, voire de millions d’unités sur une période prolongée. Elle ne survient que très rarement. [4] »

Faire un dosage tous les ans au mois de novembre

Chaque année, je vous conseille de faire doser votre vitamine D au mois de novembre. Vous devez dans l’idéal viser des taux entre 50 et 65 ng/mL. C’est à ce niveau que vous serez le mieux protégé contre les infections et les maladies.

Le dosage sanguin peut être réalisé sur prescription médicale mais vous pouvez aussi l’obtenir de votre propre chef auprès du laboratoire d’analyses que vous choisissez.

 

Pas d’huile de foie de morue !

L’huile de foie de morue est très riche en vitamine A, ce qui peut être intéressant si vous en manquez, mais n’en prenez pas si vous cherchez à redresser votre taux de vitamine D.

La vitamine A en grande quantité nuit à l’action de la vitamine D.

Le mieux est de prendre une vitamine D obtenue en exposant de la lanoline (cire de laine) au rayonnement UVB, ce qui produit du cholécalciférol (vitamine D3).

À noter enfin que certains recommandent la vitamine D2 plutôt que la D3, mais cette recommandation n’a pas de base scientifique. Au contraire, la vitamine D2 est détruite plus vite par l’organisme. L’analyse d’études utilisant les deux formes de vitamine D a trouvé que les compléments de vitamine D3 réduisent la mortalité (en particulier chez les femmes âgées) mais que la D2 n’a aucun effet [6].

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis

Source: « La lettre de Santé Nature Innovation » 22 octobre 2015

Les méninges : le service de protection du cerveau

 Cette semaine j’ai pensé utile de vous faire connaître une belle découverte récemment publiée qui concerne le système immunitaire présent dans nos propres méninges.

Comme j’ai pris l’habitude de faire parler tous nos tissus et organes, ce sont elles qui vous parlent. Elles vous informent directement.

La grande revue scientifique « Nature » vient de publier une importante découverte [1] qui concerne vos méninges. Il s’agit de la protection immunologique de votre cerveau.

Cette découverte ouvre des perspectives inespérées que nous devons vous expliquer.

On pensait que le système nerveux central ne possédait pas de système de drainage lymphatique. Or, les équipes du Center for Brain Immunology School of Medicine etdu Department of Neuroscience de la University of Virginia, Charlottesville, de Virginie, viennent de démontrer le contraire.

Ainsi la neuro-immunologie entre en action pour expliquer les inflammations et les maladies neurodégénératives. Elle définit un « compartiment méningé » d’échanges de cellules immunitaires.

Notre histoire depuis Hippocrate, il y a 2500 ans

Nous, les méninges, tirons notre nom du grec ancien « μῆνιγξ », prononcer « mēninx », qui signifie « membranes ».

Hippocrate avait déjà remarqué que le cerveau était protégé d’enveloppes différentes. Quand il parle de nous, les méninges, c’est en appelant à la plus grande prudence, comme le ferait un neurochirurgien d’aujourd’hui : « Au sujet du trou de trépan [2]… vous ne devez point d’abord scier l’os jusqu’aux méninges. »

Et dans le livre VII des Aphorismes, le 14e : « Après une blessure de la tête, la stupeur ou le délire sont de mauvais signes. » Le père de la médecine avait déjà compris les symptômes les plus importants des traumatismes crâniens que tout médecin doit connaître : la perte de connaissance, la stupeur et le délire…

Malgré les avancées de la science, de nombreuses expressions populaires nous utilisent encore, nous, vos méninges, en faisant référence au cerveau avec lequel nous sommes trop souvent confondues. Pourtant nous ne possédons pas le moindre neurone.

En réalité, nous sommes les protectrices, les nourricières d’une partie très superficielle de votre système nerveux : de la tête, encéphale (hémisphères cérébraux, cervelet, tronc cérébral), jusqu’à la partie la plus basse de la moelle épinière.

Heureusement, nous avons de l’humour

Et certaines expressions nous font rire de bon cœur :

Se remuer les méninges, par analogie parodique avec remue-ménage. Quel minable amalgame !

Les séances de remue-méninges utilisées par les Québécoisà la place de brainstorming.

S’écarteler les méninges.

« Y-a-pas de quoi se casser les méninges ! », de Louis-Ferdinand Céline dans Mort à crédit.

Se creuser les méninges.

Se triturer les méninges.

« Ménage tes méninges », 49e oman de San-Antonio publié en 1962.

Certains médecins, comme le célèbre Marat (1743-1793), plaçaient même l’âme dans les méninges. Voltaire (1694-1778) lui répond : « Quand on n’a rien de nouveau à dire, sinon que le siège de l’âme est dans les méninges, on ne doit point prodiguer le mépris pour les autres et l’estime pour soi-même à un point qui révolte tous les lecteurs, à qui cependant l’on veut plaire » [Réfutation de Voltaire sur un ouvrage de Marat].

On parle donc souvent de nous, mais à tort et à travers.

Nous sommes tout simplement trois membranes qui protègent votre cerveau

On participe aussi à sa nutrition et on fait bien d’autres choses encore.

Les chercheurs ont progressivement découvert nos rôles respectifs.

C’est pourquoi ils nous ont distinguées en 3 épaisseurs, donc en 3 méninges. Ils nous ont nommées différemment, de la surface du cerveau et de la moelle épinière jusqu’à leur contact avec le crâne osseux, ou avec l’intérieur des trous de vertèbres destinés à laisser passer la moelle épinière.

Pie-mère : je suisau contact de tout le système nerveux central

Arachnoïde : je suis entre pie-mère et dure-mère

Dure-mère : je suis au contact du crâne osseux.

Chacune d’entre nous a un rôle différent.

La pie-mère vient du latin piamater, « tendre matrice ».

Moi, la pie-mère, je suis une fine pellicule, comme un filet posé sur le système nerveux, membrane nourricière où circulent de nombreux vaisseaux, fines artères et veines, destinés au cortex. J’accompagne les moindres reliefs, les circonvolutions de la substance corticale jusqu’à la partie la plus basse de la moelle épinière.

Je suis transparente, tapisse donc la surface externe de tout le système nerveux central, le cerveau avec ses hémisphères cérébraux, cervelet et tronc cérébral, et toute la longueur de la moelle épinière. 

L’arachnoïde et le liquide céphalo-rachidien

Quant à moi, l’arachnoïde, je suis une enveloppe mince qui entoure aussi en deuxième couche le cerveau, le cervelet et la moelle épinière. Je passe en pont à la surface du cerveau en « toile d’araignée », je n’entre pas dans les circonvolutions.

Je suis donc située entre la pie-mère et la dure-mère, dans un espace nommé « espace arachnoïdien » car je ressemble à une toile d’araignée, d’où mon nom (du grec arachne,
« toile d’araignée »).

Cet espace est rempli d’un liquide qui circule sans cesse autour du système nerveux, le liquide céphalo-rachidien (LCR) ou liquide cérébro-spinal (LCS).

Ainsi le cerveau, comme la moelle épinière, « baigne » dans ce liquide qui joue un rôle hémodynamique mais aussi un rôle de protection immunologique. Le cerveau pèse 1500 g, mais comme il flotte dans ce liquide, son poids à l’intérieur n’est que de 50 g. Ce LCR a donc un effet d’amortisseur liquide et de protection dans certaines positions.

Le liquide céphalo-rachidien est fabriqué à l’intérieur de cavités présentes dans le cerveau et nommées ventricules, en relation directe avec le canal central creusé au centre de la moelle épinière, nommé canal de l’Ependyme [3].

Le LCR circule donc de l’intérieur vers l’extérieur du système nerveux central. Il est fabriqué par des plexus dits choroïdes [4] qui pendent au toit des 4 ventricules du cerveau, surtout les deux latéraux, un dans chaque hémisphère, et deux verticaux de haut en bas : le 3e et le 4e.

Le LCR circule librement depuis les ventricules jusqu’aux méninges à travers un circuit continu. Il ne stagne pas. Sa production est de l’ordre de 500 à 1200 ml/jour. Chaque jour, il est renouvelé entre 3 et 4 fois en moyenne, ou toutes les 6 à 8 heures. Chez l’adulte son volume est d’environ 150 ml. Le LCR [5] rejoint par absorption le sang veineux pour retrouver la circulation centrale.

Le LCR absorbe et amortit les mouvements ou les chocs qui risqueraient d’endommager le cerveau. Il évacue les molécules et une partie des « déchets » provenant du cerveau et joue ainsi un rôle de protection immunologique.

Moi, l’arachnoïde, je suis donc une membrane molle sans vaisseaux, connectée aux 4 cavités nommées ventricules de votre cerveau. Ces ventricules communiquent entre eux grâce à 3 trous nommés foramens.

Moi, l’arachnoïde, je recouvre la totalité de la face profonde de la dure-mère constituant des travées en toile d’araignée qui cloisonnent l’espace dit « arachnoïdien ».

Quand le LCR ne circule pas normalement, et surtout lorsque le passage est bloqué entre le 3e et le 4e ventricule, ou à la sortie du 4e ventricule, pour entourer la moelle épinière, il existe des risques d’hydrocéphalie [6].

La dure-mère (du latin dura mater cerebri)

C’est à ce niveau que se situe la découverte des chercheurs américains.

Mon nom à moi signifie « la mère dure du cerveau », qui serait un emprunt à la langue arabe :
umm al-dimagh as-safiqa. En arabe, les mots « père », « mère » et « fils » sont souvent utilisés pour marquer une relation entre les objets.

On m’appelle aussi la pachyméninge, du grec « παχύς », « pakus », c’est-à-dire épais. Je suis en effet fibreuse et adhère à l’intérieur des os de la boîte crânienne. Je suis un feuillet très résistant inextensible, plus épaisse que les deux autres enveloppes, accolée à l’intérieur des os du crâne, donc je porte bien mon nom. Je tapisse la totalité de l’intérieur de la boite crânienne.

Je forme trois cloisons qui séparent :

  • Les 2 hémisphères, c’est la faux du cerveau au niveau de la scissure inter-hémisphérique.

  • La tente du cervelet sépare le cerveau du cervelet. Elle forme un toit au-dessus de la fosse cérébelleuse.

  • Les deux hémisphères cérébelleux, c’est la faux du cervelet.

Moi, la dure-mère, j’entoure aussi la moelle épinière qui descend au travers des orifices des vertèbres, beaucoup plus bas qu’elle puisque je m’arrête en regard de la deuxième vertèbre du sacrum.

Moi, la dure-mère, je protège aussi ce qui est le bijou de la base de votre cerveau, l’hypophyse [7], cachée et protégée dans un repli osseux ressemblant à une selle : on m’appelle « la tente de l’hypophyse ».

Même si je protège aussi votre cerveau, je reste dépendante des os de la boîte crânienne.

Ce qui se passe en cas de traumatisme crânien

Pour que vous compreniez bien, je vais vous expliquer ce qui se passe quand vous souffrez d’un traumatisme crânien.

Les os du crâne sont solides, mais ne sont pas faits pour prendre des coups qui fracturent tel ou tel os, de la voûte à la base du crâne. Les risques d’apparition d’hématomes intracrâniens sont majeurs. On en distingue trois types selon leur localisation par rapport à nous, vos méninges.

– L’hématome extra-dural apparaît suite à une fracture de l’os temporal ou pariétal (au dessus de l’oreille). La fracture blesse une artère (temporale) présente contre l’intérieur de l’os, ce qui entraine une hémorragie puis la constitution rapide de l’hématome, lequel décolle la dure-mère et ainsi repousse le cerveau vers l’intérieur du crâne.

Le diagnostic est facile : la personne tombe dans le coma. Le membre opposé à la fracture est paralysé du fait de la compression cérébrale, et du côté de la fracture apparaît une mydriase (la pupille de l’œil s’élargit notablement comparativement à l’autre côté).

Il faut intervenir en super urgence en réalisant un trou de trépan (du mot trépanation) pour que l’hématome s’évacue vers l’extérieur et ne comprime plus le cerveau.

En quelques minutes le patient se réveille, donc sort du coma et retrouve la mobilité de son membre supérieur qui se paralysait.

C’est très spectaculaire, on sauve la vie.

– L’hématome sous-dural est assez fréquent chez les personnes âgées. Notamment suite à un traumatisme crânien minime, dont ni la personne âgée ni l’entourage ne se souviennent. Surtout si elle consomme des médicaments anticoagulants, un hématome se constitue lentement entre la dure-mère et le cerveau recouvert de la pie-mère. La personne a des troubles de la mémoire, de reconnaissance, des comportements anormaux qui amplifient jour après jour.

Ils font penser à une maladie d’Alzheimer débutante. Chez ces personnes, avant de parler de cette maladie, un scanner permet de faire le diagnostic et de programmer rapidement le traitement qui évacue l’hématome et guérit définitivement le patient.

– L’hématome intracérébral post-traumatique est de loin le plus grave.

Il s’agit d’une irruption plus ou moins massive de sang dans le cerveau. Elle présente le risque d’emporter très vite le malade ou de le laisser dans le coma des années, ou même à vie, le temps que l’hématome se résorbe en laissant des séquelles souvent définitives.

Trois barrières protègent votre cerveau. Nous, les méninges, jouons là aussi chacune notre rôle

Les spécialistes parlent de barrière hémato-méningée, hémato-encéphalique et méningo-encéphalique.

La barrière sang-méninges est la mieux connue.

Sa perméabilité est faible dans le sens sang-LCR, mais grande dans le sens LCR-sang [8]. Elle ne laisse passer que les petits minéraux. Les antibiotiques ne la franchissent pas, sauf les sulfamides [9] (ce qui est important pour traiter les méningites).

Maintenant que vous comprenez-mieux notre rôle à nous, les méninges, revenons-en à ces chercheurs américains.

La découverte récente de vaisseaux lymphatiques en moi, votre dure–mère, est d’une grande importance. Elle me rend capable d’échanges, notamment des échanges entre des globules blancs (lymphocytes), entre moi et le LCR, et ce qui est encore plus nouveau aux yeux de la science : on sait maintenant que je suis capable d’établir des relations directes avec le système lymphatique cervical profond.

– La barrière sang-cerveau

La preuve définitive de l’existence de cette barrière n’a été apportée qu’en 1967 par des recherches au microscope électronique.

C’est un réseau de capillaires qui fournit des aliments aux cellules nerveuses. Chez vous les humains, le cerveau représente environ 2 % de la masse corporelle. Mais ses besoins en énergie sont environ de 20 % du total.

Les cellules des vaisseaux capillaires cérébraux sont soudées entre elles par des jonctions serrées et entourées par des prolongements des astrocytes (supports et protecteurs des neurones). Les seules substances qui passent facilement la barrière sont les substances liposolubles. Le glucose, non liposoluble mais indispensable, passe aussi.

Cette barrière sépare le cerveau du sang, le protégeant de produits dangereux qui y circulent. Le filtre est très sélectif pour les nutriments nécessaires au système nerveux et les déchets qu’il élimine. Les passages se font par transport actif.

Ainsi, la barrière filtre nombre de médicaments qui ne passent pas, ne pouvant ainsi atteindre le cerveau.

L’importante imperméabilité de la barrière hémato-encéphalique à l’égard des agents toxiques, des anticorps et globules blancs en fait une « barrière immunologique ».

Par ailleurs, en raison des besoins très importants en énergie du cerveau – par comparaison avec d’autres organes – des quantités de déchets biochimiques très importantes doivent être éliminées à travers la barrière hémato-encéphalique.

La barrière méninges-cerveau

Elle est encore mal connue, car il s’agit des échanges directs entre moi, la pie-mère, et le cerveau.

En plus de la protection mécanique, nous les méninges assurons donc une protection immunitaire majeure.

Les lymphatiques de la pie-mère pénètrent dans les anfractuosités de l’encéphale et du cervelet. Ils sont en rapport direct avec l’arachnoïde.

Les lymphatiques de la dure-mère ont été déjà pensés par Mascagni [10] comme accompagnant les vaisseaux – artères et veines – méningés qui se joindraient par certains trous du crâne aux lymphatiques profonds de la face et du cou.

C’est désormais démontré par l’équipe de Neuroscience de Virginie.

Moi, la dure-mère, je possède donc des vaisseaux lymphatiques. Vous ne pouvez pas imaginer le rôle de ce réseau, aussi important que celui que vous avez sous forme de nœuds lymphatiques ou ganglions à la racine des membres – dans les aisselles, les régions inguinales – au niveau du thorax, de l’abdomen, du cou et des membres.

Vous l’avez compris : nous, les méninges, ne sommes pas que de simples enveloppes de protection. Nous appartenons à votre grand système de défense immunitaire.

Vous ne devez pas oublier de l’entretenir par une alimentation aussi saine que possible.

Extrait de la Lettre du Professeur Joyeux – Juin 2015

 

L’agriculteur, le premier acteur de notre santé

C’est gravissime, les agriculteurs ne parviennent plus à vivre de leur travail. Chaque été, on voit ainsi se développer un mécontentement qui se traduit par des manifestations bruyantes sur les routes ou les lieux de vacances.

Cette année le ras le bol est à son comble. Producteurs de lait, de viande, céréaliers, viticulteurs, arboriculteurs… sont en colère. Alors, tel un emplâtre sur une jambe de bois, le Président tout puissant débloque 600 millions d’euros pour calmer le monde agricole. L’Etat démuni en est à recommander que les cantines scolaires s’approvisionnent en viande fraîche « française » (20 % des débouchés de la filière) et pas en Argentine, comme le font certains restaurants étoilés. Pour apaiser les esprits, on annonce aussi que la viande française sera choisie en priorité dans les restaurations collectives de l’Etat.

La confiance n’existe plus. Les promesses du ministre de l’Agriculture comme celles du Président ne sont que du vent. Personne n’est dupe : les réunions ministérielles ne servent à rien.

Et en attendant, la concurrence continue de faire rage entre les pays de la zone euro, la Pologne, l’Allemagne, l’Angleterre… La viande française est trop chère pour les budgets serrés des hôpitaux où l’on mange si mal, des écoles et même de l’armée. C’est la grande distribution, lobby puissant, protégé des politiques, qui fait ses choux gras sur le dos des agriculteurs.

Pendant ce temps-là, à Milan…

En pleine crise agricole, on fanfaronne à Milan où les visiteurs de l’exposition universelle ont découvert dans le Pavillon France un grand jardin potager, vitrine d’une agriculture écologiquement intensive. Ont-ils été convaincus ? J’en doute, vu les retours que j’ai eus d’amis qui ont passé du temps à Milan pour les vacances. Ils ont surtout le souvenir de leur porte-monnaie qui a bien fondu à cette occasion.

Face à la situation actuelle de l’agriculture française, comment peut-on ainsi se vanter de nourrir la planète ? Oser écrire : « La capacité de production française et sa contribution pour l’équilibre des marchés mondiaux, ses modèles agricoles et alimentaires, sa capacité d’innovation et de transfert technologique, ses établissements d’enseignement et son ouverture internationale, sans oublier la dimension gastronomique »…

Oui, oser écrire cela, c’est se moquer du monde… Car le modèle français est aujourd’hui obsolète. Il a fait son temps. Seuls les agriculteurs et les consommateurs peuvent, ensemble, l’orienter autrement.

Le slogan international des lobbies de l’agro-alimentaire

On connaît bien Monsanto et autres semenciers internationaux, leurs OGM et PGM (organismes et plantes génétiquement modifiés) que veulent implanter les ingénieurs agro et les experts des ministères. Leur credo, qui a été choisi pour slogan de l’exposition universelle de Milan, c’est cela : « Nourrir la planète, Énergie pour la vie ». Ils croient nourrir la planète en arguant de leur (fausse) générosité, le cœur sur la main, produisant des produits de moindre qualité pour un plus grand nombre, nous faisant croire que leur agriculture productiviste est la solution pour supprimer la famine dans les pays très pauvres.

En réalité, ces semenciers s’enrichissent sur le dos des paysans qu’ils ont dépossédés de leur droit de produire et d’utiliser leurs propres semences en leur vendant des grains incapables de se reproduire.

Nous oublions d’où provient ce qui arrive dans notre assiette…

S’enrichir, ce n’est pas ce que cherchent les agriculteurs de terrain. Ils veulent vivre dignement de leur travail. Ils ont les mains dans la terre, sont au plus près des animaux, les nettoient, les aident à mettre bas, les nourrissent, suivent leur croissance et décident de leur avenir pour nous, les humains consommateurs. Nous oublions souvent d’où provient ce qui arrive dans notre assiette, où a poussé et où a été élevé ce qui arrive dans notre « palais des saveurs ». De quel travail admirable, de quelles sueurs d’hommes et de femmes sont issus ces légumes et fruits, ces morceaux de viandes savoureuses, ces poissons des mers qui nous entourent…

Le gaspillage alimentaire doit être réduit car il traduit le non-respect des aliments que la Terre nous procure. Il traduit aussi la surproduction et donc la qualité incertaine de certains aliments préparés par les industriels qui n’hésitent pas à ajouter conservateurs, colorants, exhausteurs de goûts, arômes artificiels qui nous éloignent de la nature et sont souvent responsables d’allergies, d’intolérance, de maladies auto-immunes de plus en plus nombreuses.

Notre santé dépend largement de ce que nous mangeons

Qui est à l’origine de tout ce que nous apportons à notre organisme pour le faire croître, le maintenir dans le meilleur état de santé ? C’est l’agriculteur ! Il peut être le premier acteur de notre bonne ou de notre mauvaise santé.

C’est démontré aujourd‘hui, les perturbateurs endocriniens, les pesticides et insecticides abiment la construction de l’enfant dans sa vie intra-utérine. Anomalies congénitales, infertilité, cancers des enfants mais aussi perturbations immunitaires conduisant à des lymphomes trouvent leur source dans l’agriculture productiviste.

Les OGM et PGM n’apportent rien de plus à notre santé, contrairement à ce qu’on nous chante, comme nous le verrons dans une prochaine pétition. Nous demanderons la transparence totale sur les produits issus de ce type d’agriculture, afin que les consommateurs ne soient pas trompés et puissent choisir en connaissance de cause.

On vient de démontrer que les moustiques résistent par simple sélection naturelle aux insecticides, ce qui permet de voir apparaître en métropole des cas de Dengue ou de Chikungunya, et bientôt de fièvre jaune. L’avenir est aux bio-insecticides qui seraient des toxines bactériennes inoffensives pour l’homme et très toxiques pour les larves de moustiques. À voir. Car on doit maintenant penser à protéger les abeilles. Elles souffrent tellement de l’agriculture productiviste que certains en viennent à évoquer leur disparition et, bien au-delà, en raison des difficultés de pollinisation, la fin de notre humanité.

La révolution agro-écologique est en marche !

Face à ces menaces, ce sont les agriculteurs et les consommateurs qui peuvent ensemble développer les solutions : la révolution agro-écologique est en marche !

D’ailleurs, les rares agriculteurs qui s’en sortent aujourd’hui vendent à la ferme, savent fidéliser leur clientèle avec des produits du terroir, issus d’une agriculture raisonnée ou raisonnable, mieux encore biologique ou biodynamique.

Nous ne pouvons mieux dire que résumer les 8 propositions de notre très cher ami Pierre Rabhi pour vivre en prenant soin de la vie. Elles peuvent paraître utopiques à certains. Je ne le crois pas, car elles rejoignent la dernière lettre du Pape François « Loué sois-tu… », que je conseille de lire et méditer. Elles proposent aussi la vraie écologie, celle qui n’a pas de bannière idéologique, celle qui croit en l’homme et se bat pour son avenir : cet avenir a un sens tant pour les croyants que pour les incroyants.

« La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d’un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit. »

Ce texte ci-dessus et les propositions qui suivent sont extraites de La Charte Internationale pour la Terre et l’Humanisme, écrite par Pierre Rabhi pour le mouvement Colibris, issue de son livre « Vers la Sobriété Heureuse », paru en 2010 aux éditions Actes Sud.

Ces propositions réinventent « un modèle de société pour proposer une alternative au monde d’aujourd’hui. Pour que le temps arrête de n’être que de l’argent, pour que le silence redevienne merveilleux, pour que la logique du profit sans limites cède face à celle du vivant, pour que les battements de nos cœurs ne sonnent pas comme des moteurs à explosion, et enfin pour vivre et prendre soin de la vie. »

1 – L’agro-écologie, pour une agriculture biologique et éthique

De toutes les activités humaines, l’agriculture est la plus indispensable, car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L’agro-écologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, leur sécurité et leur salubrité alimentaires, tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.

2 – Relocaliser l’économie pour lui redonner un sens

Produire et consommer localement s’impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l’égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces…, devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l’économie.

3 – Le féminin au cœur du changement

La subordination du féminin à un monde masculin outrancier et violent demeure l’un des grands handicaps à l’évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu’à la détruire. Il nous faut rendre hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écouter le féminin qui existe en chacun d’entre nous.

4 – La sobriété heureuse contre le « toujours plus »

Face au « toujours plus » indéfini qui ruine la planète au profit d’une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond. Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l’équité.

5 – Une autre éducation pour apprendre en s’émerveillant

Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre cœur une éducation qui ne se fonde pas sur l’angoisse de l’échec mais sur l’enthousiasme d’apprendre. Qui abolisse le « chacun pour soi » pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l’ouverture de l’esprit aux connaissances abstraites avec l’intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l’enfant à la nature, à laquelle il doit et devra toujours sa survie, et qui l’éveille à la beauté et à sa responsabilité à l’égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l’élévation de sa conscience.

6 – Incarner l’utopie

L’utopie n’est pas la chimère mais le « non-lieu » de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d’existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes, car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains.

7 – La terre et l’humanisme

Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l’humanité, l’unique garante de notre vie et de notre survie. Nous nous engageons en conscience, sous l’inspiration d’un humanisme actif, à contribuer au respect de toute forme de vie et au bien-être et à l’accomplissement de tous les êtres humains. Enfin, nous considérons la beauté, la sobriété, l’équité, la gratitude, la compassion, la solidarité comme des valeurs indispensables à la construction d’un monde viable et vivable pour tous.

8 – La logique du vivant comme base de raisonnement

Nous considérons que le modèle dominant actuel n’est pas aménageable et qu’un changement de paradigme est indispensable. Il est urgent de placer l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations et de mettre tous nos moyens et compétences à leur service.

J’ajoute à ces propositions humanistes que nous devons revisiter nos comportements alimentaires et les distancier des produits industriels : nous devons choisir plus de végétal que de produits animaux, sans les excès des végétaliens (végans), le plus possible bio, de saison et de proximité.

Ainsi, contrairement à ce que pensent et disent les semenciers internationaux, l’agriculture biologique peut nourrir le monde.

Un couple exemplaire : un film à diffuser largement

Dans le cadre naturel et sauvage des contreforts du Larzac, dans le petit village languedocien de Saint-Privat, à une demi-heure de Montpellier, Babeth et Raphaël Colicci, agriculteurs et thérapeutes, nourrissent depuis longtemps une passion, une philosophie de la culture de l’olivier, des fruits oubliés et des médecines douces. Je me suis abonné à leur excellente revue de pomologie vivante « Les fruits oubliés » (www.fruitsoublies.org), pour le maintien de la diversité fruitière.

Avec force, ils se battent pour faire pousser sur une terre aride, stérile, faite de roche et d’argile, des oliviers et des fruitiers. Dans ce chaos de la nature qui semble insurmontable, ils essaient de créer une extraordinaire oasis de la biodiversité. Ils construisent le monde de demain, dans une démarche de développement durable, fondée sur le respect de l’être et de l’environnement.

Découvrez-les donc dans le merveilleux film de Jean-Yves Bilien, « Seul est vaincu celui qui renonce », et n’hésitez pas à les contacter contact@oleatherm.com.
Cliquez-ici pour en savoir plus sur ce film, voir la bande-annonce ou commander le DVD.

À Carcassonne, Gandhi International organise du 24 au 29 septembre prochain un magnifique forum « Peuples en marche » (http://www.gandhiinternational.org) où je ne serai présent qu’en vidéo, car déjà engagé pour de nombreuses conférences à l’Île de la Réunion (www.associationtreeoflife.orglntreeoflife@gmail.com+262693 13 54 68) sur le vaste thème de prévention santé familles.

Comme le dit Pierre Rabhi, « chacun sa part du colibri » et cela fera un monde exceptionnel ! »

Bien à vous tous, excellente fin de mois d’août

Professeur Henri Joyeux

 

Extrait de la lettre du Professeur Joyeux

 

Moustiques : évitez les piqûres naturellement

Chère lectrice, cher lecteur,

Déposez quelques gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus citronné sur votre peau.

C’est probablement la méthode naturelle la plus efficace et la plus agréable pour repousser les moustiques et la plupart des insectes.

 

Source : Santé Innovation

La santé du Petit Prince

Je n’avais jamais pensé à la Santé du Petit Prince avant d’avoir entendu une conférence passionnante au colloque que j’organise chaque été à la frontière Franco-Espagnole, à Bourg-Madame, en Cerdagne. C’est une philosophe étonnante, Laurence Vanin, qui nous a initiés aux richesses philosophiques du Petit Prince de Saint-Exupéry.

La réflexion philosophique, quand elle est bien menée, conduit à la santé. Je remercie très chaleureusement Laurence Vanin* d’avoir accepté de répondre à mes questions pour éclairer jeunes et moins jeunes sur ces chemins de santé dont nous avons tant besoin.

Avant d’aller plus loin pour vous conseiller son excellent petit livre – « L’Enigme de la Rose – Richesses philosophiques du Petit Prince », Ed Ovadia 2014 –, voici les réponses de la philosophe à mes questions d’homme de santé.

1/ Le grand philosophe allemand Martin Heidegger écrivait dans la préface de l’édition allemande en 1949 du Petit Prince : « Ce n’est pas un livre pour enfant, c’est le message d’un grand poète qui soulage de toute solitude, et par lequel nous sommes amenés à la compréhension des grands mystères du monde. » Quels sont ces mystères ?  

Ces mystères ne sont peut-être que des vérités enfouies. Ils concernent « Les mystères de la vie bienheureuse » dès lors que chacun est conscient de sa fragilité, et que la vie est à préserver. Il importe de prendre soin de soi comme de l’humanité afin que notre sentiment d’appartenance au monde puisse être en permanence alimenté par une source salvatrice.

La surconsommation, l’excès, l’accélération de nos rythmes de vie sont propices à l’oubli. Dès lors, les hommes se préoccupent de choses secondaires et se détournent de l’essentiel. Incontestablement, le Petit Prince lance un appel à l’éveil afin de méditer sur ce qui est fondamental mais invisible pour les yeux : l’amour.

Il consiste en une mise en garde vis-à-vis du paraître et il incite à quérir l’Être des choses afin de parvenir au bonheur, parce que ce qui demeure imperceptible aux yeux ne peut l’être au cœur. Cependant, pour le comprendre – et surtout l’intégrer dans un projet collectif – Saint-Exupéry engage les hommes à conquérir leur humanité. Il les exhorte à préserver leur héritage culturel et à « habiter » le monde, non pas comme simples présences mais comme gardiens de valeurs spirituelles, structurelles et primordiales à assimiler en vue de façonner un nouveau monde axé sur l’essentiel…

2/ Vous avez étudié longuement et dans le détail la vie de ce formidable pilote écrivain, Antoine de Saint-Exupéry, pionnier avec Mermoz des premiers vols intercontinentaux au risque de leur vie. Vous avez scruté sa pensée et ainsi décelé quelques énigmes qui touchent à la santé affective de sa personne. La rose s’oppose-t-elle au mouton enfermé dans sa boîte ? 

Le point commun de tous ces aventuriers est qu’ils avaient un être à chérir : une femme, qu’elle soit l’épouse ou la mère.

Les nombreuses correspondances des uns et des autres à leur mère ou à leur épouse témoignent de la nécessité de l’attachement. Un homme courageux, amené à prendre de terribles risques a besoin d’un point d’ancrage affectif, « une rose » qui devient également un point sur lequel il fonde sa lucidité.

Prendre des risques ce n’est pas chercher la mort, car si quelqu’un vous aime il attend votre retour ou vos lettres avec impatience et parfois avec inquiétude. L’amour est donc ce qui maintient la conscience en éveil et préserve les héros de terribles dangers. Il ne peut donc être tyrannique à l’image d’un mouton que l’on exige et que l’on finit par enfermer dans une boîte, et l’on ne peut abandonner « une rose » sans souffrir de son absence. L’amour ne peut être que don de soi et bienveillance à l’égard de l’être aimé.

3/ Quelle est la condition d’homme, pour Saint-Exupéry ? La solitude du petit bonhomme dans le désert ou les épines sur les fleurs ?

Je dirai que pour lui l’homme a le choix. Il peut investir son rôle et décider de ce qu’il veut. Il importe de lire ce récit du Petit Prince en gardant à l’esprit son objectif : penser la conversion du regard et recentrer l’homme dans une Humanité afin qu’il réinvestisse son rôle !

« Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix, car ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort. [1] »

Dès lors il paraît intéressant de s’interroger sur la mise en situation d’un homme incompris qui exécute un dessin et se trouve face à son destin (une panne de moteur en plein désert). Inéluctablement sa conscience s’en épuise… Sauf si elle parvient à transcender sa position de mortel afin de manifester sa liberté dans des actes volontaires. Elle déjoue alors les coups du sort et dépasse sa condition. Surtout si un petit prince vient à sa rencontre et l’amène à méditer sur son devenir…

Lorsque l’idée d’un projet jaillit, qu’elle soit ou non initiée par la rencontre d’un petit être – sorte de révélation d’une possible attention nouvelle à la vie – il devient urgent d’agir et d’investir ses initiatives d’une autre signification. D’autant que Saint-Exupéry nous invite au voyage : quels sont ces mystérieux astéroïdes ? Quels messages leurs habitants ont-ils à délivrer ?

Désormais, il convient au lecteur attentif de visiter les planètes en méditant sur le genre humain, ses égarements, ses démesures néfastes à son épanouissement.

4/ Il n’est rien de plus fragile que le Petit Prince sur la terre ? Les grandes personnes très très bizarres ne l’ont-elles pas oublié aujourd’hui ?

Connaître sa propre fragilité, n’est-ce pas le début de la sagesse qui peut éloigner le stress si néfaste à notre santé ?

« Je connais une planète où il y a un monsieur cramoisi. Il n’a jamais respiré une fleur. Il n’a jamais regardé une étoile. Il n’a jamais aimé personne. Il n’a jamais rien fait d’autre que des additions. [2] »

Effectivement, le Petit Prince s’avère être un personnage toujours en mouvement, insaisissable parce que l’idée est sans appel : l’immobilisme est la voie de l’absurdité de la vie. Le rayonnement de la pensée ne peut avoir lieu que dans une élévation spirituelle suscitée par la mobilité et l’action.

Inversement, mourir revient à s’arrêter, se poser, être en proie… ou plutôt, être la proie consentante d’un serpent : comme l’est le Petit Prince en fin d’ouvrage… Méditer sur la mort n’est-ce pas déjà commencer de vivre pour renaître à « autre chose » ? Saint-Exupéry nous enseigne que l’homme doit éviter de s’égarer. Le stress, la peur du lendemain, conduisent les hommes à se comporter de manière illogique et dangereuse pour leur équilibre physique et mental. C’est pourquoi le Petit Prince est un guide qui enseigne la beauté du silence pour rompre avec le bruit des sociétés modernes ; il invite à se détourner des grandes personnes, trop affairistes, insipides, qui passent à côté de l’essentiel.

La santé comme l’amour ne se conservent pas sur un compte en banque, et on ne peut vivre dans l’attachement aux choses matérielles, aux nourritures terrestres de façon abusive… Il importe donc de se recentrer sur soi pour se préparer à accueillir la simplicité des choses qui sont propices au bonheur, à l’équilibre et à la santé.

5/ La soif d’apprendre de planète en planète ouvre le cœur aux dimensions du monde, mais rend toujours insatisfait. Pourquoi ? 

Effectivement, ceux qui se prennent un peu trop au sérieux, oublieux de vivre, passent à côté de la réalité, des êtres et du monde qui les entourent. Ils se détournent du concret pensant que la raison peut parvenir à tout élucider. Comme le précise notre auteur dans une de ses lettres :

« J’aime les gens que le besoin de manger, de nourrir leurs enfants et d’atteindre le mois suivant ont liés de plus près avec la vie. Ils en savent long. […] Les gens du monde ne m’ont jamais rien enseigné. [3] »

Par suite, la visite de diverses planètes et l’examen de leurs habitants servent à mettre en évidence les travers de la raison et les excès des hommes. Ces derniers constituent des obstacles à la cohésion sociale. Saint-Exupéry procède alors selon deux axes distincts afin de montrer ce qui est nuisible à la communication :

  • Les critiques à l’égard du sérieux de certains individus qui ont placé dans leurs activités quotidiennes la totalité de leur concentration en négligeant la vie même.
  • Les illusions vitales qui permettent aux êtres de croire au bonheur alors qu’ils évoluent dans des paradis artificiels. Ils sont victimes de leurs opinions.

Visiter toutes ces planètes doit donc favoriser un temps d’introspection pour que chacun puisse, en soi, se ressourcer… Mais ce travail est difficile et souvent les hommes se refusent à entreprendre ce travail sur soi, bien qu’il soit salvateur. Apprendre à se connaître c’est aussi pouvoir s’écouter et vivre en harmonie avec soi.

6/ Apprivoiser le renard, n’est-ce pas prendre son temps pour aimer et se sentir aimé ?  

La curieuse rencontre du renard coïncide avec l’épisode, insolite, du face à face entre deux êtres différents qui se découvrent et de l’éveil affectif qui s’ensuivra. Toutefois, notons que ce renard fait référence à un fennec pour lequel, lors de son accident d’Égypte au cours de la tentative du raid Paris-Saïgon, Saint-Exupéry se passionna et qu’il amadoua à force d’observation et de patience. Ce renard dont il est déjà question dans Terre des hommes :

« Mon petit renard, je suis foutu, mais c’est curieux, cela ne m’a pas empêché de m’intéresser à ton humeur. [4] »

L’amitié enseigne au Petit Prince que les relations entre les êtres nécessitent de l’amour, du don de soi et de l’abnégation. Le renard, animal sauvage, met ainsi en évidence la question du temps qu’il faut consacrer à quelqu’un pour l’apprivoiser.

« Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près… [5] »

Là où le mouton n’était que l’animal domestique – le souhait exprimé, « dessine-moi un mouton », comme un caprice à la manière dont chacun pourrait vouloir un chien ou un chat pour lui tenir compagnie –, la rencontre avec le renard propose, en réalité, de créer des liens de confiance et d’introduire des valeurs. L’amitié nécessite d’ajuster son caractère, d’apprendre à partager, à échanger, à donner. L’homme prend conscience que, contrairement aux relations professionnelles ou de voisinage, il peut s’adresser à son ami d’égal à égal en acceptant ses différences, dans l’exclusivité des moments de rencontre au cours desquels « il s’habille le cœur ». L’amitié ouvre à la tolérance [6].

Saint-Exupéry explique qu’il faut des rites, un cérémonial. Certes, lorsque nous attendons des amis, ils convient de bien les accueillir. Toutefois, il faut un protocole, à savoir des horaires, des préparatifs, des choses à partager… Cela semble si évident et pourtant si complexe en réalité. Les relations se nouent quand des liens se tissent, quand le besoin de se rencontrer fréquemment se fait sentir, s’installe et s’organise. L’amitié n’autorise pas tout. Elle ne permet pas l’intrusion intempestive, les abus, les rivalités. Elle appelle au respect et à la prise en compte des besoins de l’autre. L’amitié permet donc d’aimer et de se sentir aimé, de savoir que l’on n’est pas seul et que votre cœur « s’habille d’une autre couleur » !

7/ Découvrir le prix du bonheur, comment Saint-Exupéry conçoit-il cette conquête ?

Les hommes s’illustrent parfois par leur frivolité et ne font pas toujours preuve de bon sens. Souvent, ils s’affairent à des activités secondaires ou dérisoires. Ils ne sont pas spécialement distraits, mais leurs pensées se sont canalisées sur de « sérieuses » futilités. Ils passent à côté de l’essentiel et ne le voient pas. La raison, dans sa prétention au savoir, a longtemps cru qu’elle pouvait élucider tous les problèmes, notamment depuis que Descartes a prétendu que grâce à elle, et consécutivement à la science, l’homme allait pouvoir se « rendre maître et possesseur de la nature ».

Néanmoins, les scientifiques, depuis qu’ils ont traduit les phénomènes naturels en chiffres et qu’ils ont mathématisé l’univers, se concentrent ainsi sur leurs travaux et occultent la prise en compte de l’homme, de son humanité. La conception scientifique du monde se représente principalement un univers formé d’abstractions, codifié par des formules et des lois mathématiques. Partant, Saint-Exupéry lui reproche d’avoir quantifié l’univers et d’avoir omis d’évoquer ce qui échappe à la traduction en données chiffrées, ou en termes de statistiques ; mais conserve toute son importance : l’humanité habitant le monde.

Ainsi le bonheur est à trouver dans la réalisation des actes quotidiens, lorsque nous mettons du cœur dans nos actions et qu’elles ont du sens.

8/ Est-ce que la nature ne laisse aucune chance aux faibles ? Est-ce l’influence du Darwinisme social qui a fait et continue de faire tant de dégâts sur la planète ?

Peut-être… Toutefois, dans la nature, si un animal en tue un autre c’est pour se nourrir ou rester en vie. Il ne tue pas gratuitement, ni même ne détruit gratuitement. Mais pour ce qui est des hommes… Nous vivons à crédit car les hommes ne voient plus dans le lointain ; oublieux du bon sens ils privilégient la technique, la rapidité, le profit et ils méprisent la vie, leur avenir et celui de leurs enfants, la planète, le règne animal. Méditer nos choix, comprendre nos égarements pourrait peut-être influencer nos décisions et les politiques à venir que nous choisissons en votant pour l’élection des hommes politiques qui sont en charge de la Cité. Nous sommes des citoyens du monde et notre devoir est de le préserver, y compris de la bêtise humaine rivée à sa jalousie.

9/ Que dit Saint-Exupéry aux jeunes d’aujourd’hui ?

Il s’est bien gardé de leur faire la morale. Il les invite simplement à la vigilance afin de détruire les mauvaises herbes. Il use alors de métaphore avec le drame des baobabs afin d’aborder la question du bien et du mal comme référence à la morale religieuse « des arbres grands comme des églises ».

Saint-Exupéry expose, dans ce texte, une vision manichéenne du monde qu’il décline sous l’image des bonnes ou mauvaises herbes. Il appelle à la vigilance et lance un avertissement aux enfants parce qu’ils sont vulnérables. Effectivement, la morale, tout comme l’éveil de l’intelligence, n’est pas instantanée. Il s’agit, plutôt, du fruit d’une éducation, d’une intégration progressive accomplie au cours de diverses expériences propices à l’acquisition de l’autonomie intellectuelle, au respect des consignes liées à la vie en communauté et d’une aptitude à discerner le bien et le mal. Cette application au bien peut conduire les hommes au bonheur et à l’épanouissement personnel. La norme à suivre constitue, également, une valeur à intégrer et à transmettre aux enfants pour qu’ils puissent agir conformément à la morale, se soustraire au mal afin de s’en préserver.

« Je n’aime guère prendre le ton d’un moraliste. Mais le danger des baobabs est si peu connu, et les risques courus par celui qui s’égarerait dans un astéroïde sont si considérables, que, pour une fois, je fais exception à ma réserve. Je dis : « Enfants ! Faites attention aux baobabs ! [7] »

Le besoin d’unité et d’harmonie incite l’homme à régler son comportement sur une conception dynamique – comme force « promouvante » du bien – sous la prépondérance de l’amour polarisé sur l’humanité conçue dans la fraternité. Saint-Exupéry lance donc un appel et exhorte à davantage de vigilance.

Certes, il existe des mauvaises herbes, elles se montreront extrêmement dévastatrices si les hommes les laissent pousser et corrompre les rapports humains. Au regard de l’humanité, le devoir revient à lutter et à éradiquer le mal, ainsi qu’à éduquer les enfants en vue du bien.

« C’est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s’astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu’on les distingue d’avec les rosiers auxquels ils ressemblent beaucoup quand ils sont très jeunes. C’est un travail très ennuyeux, mais très facile. »

Et un jour il me conseilla de m’appliquer à réussir un beau dessin, pour bien faire entrer ça dans la tête des enfants de chez moi. « Sils voyagent un jour, me disait-il, ça pourra leur servir. Il est quelquefois sans inconvénient de remettre à plus tard son travail. Mais, s’il s’agit des baobabs, c’est toujours une catastrophe. J’ai connu une planète, habitée par un paresseux. Il avait négligé trois arbustes…[8] »

10/ Secourir ses compagnons naufragés en terres hostiles, les liens de fraternité chez Saint-Exupéry, n’est-ce pas la racine des Médecins du Monde ?

Aux sources profondes de la vie se trouve la spatialisation de la responsabilité, le véritable trésor comme le précise Saint-Exupéry, un essentiel invisible aux yeux, mais perceptible à un cœur ouvert à la fraternité. « […] Je viens de donner trois cigarettes à un mendiant parce qu’il avait l’air si heureux que j’ai voulu faire durer ce visage. [9] » L’homme n’est pas une entité figée dans la temporalité qui est la sienne. Il s’investit dans le monde et s’y parachève. C’est en cela sans doute que l’homme peut s’engager par exemple dans l’humanitaire, Médecins du Monde par exemple, ou intégrer des métiers qui nécessitent de l’engagement et du dévouement. Il peut ainsi porter son attention à un autre que lui-même. Autrui ne doit pas être traité comme un simple moyen. Il ne peut être instrumentalisé pour servir la cause ou la carrière d’un être arriviste et sans morale. L’autre doit figurer comme limite à nos désordres, à nos excès pour être ensuite reconnu comme une humanité à respecter et protéger. En renonçant aux exigences de l’égoïsme, chacun peut s’épanouir dans le partage. Comme le précisait Saint-Exupéry dans Terre des hommes :

« Je ne me souviendrai jamais de ton visage. Tu es l’Homme et tu m’apparais avec le visage de tous les hommes à la fois. Tu ne nous as jamais dévisagés et déjà tu nous as reconnus. Tu es le frère bien-aimé. Et, à mon tour, je te reconnaîtrai dans tous les hommes. [10] »

Les opérations des hommes doivent se conformer à un ordre intelligible, qui ne leur appartient pas, mais auquel ils contribuent car leur accomplissement exige qu’ils deviennent « Homme ». L’auteur privilégie la discipline, la foi en l’homme et pense le devenir dans la réalisation de l’Homme par l’homme. Ainsi dans mon ouvrage je me suis attardée à expliquer tous les symboles auxquels Saint-Exupéry s’est référé et il est vrai que lire Le Petit Prince éclairé de toutes ces significations permet de mieux méditer sur l’existence et contribuer à la « Bonne Santé » !

Laurence Vanin

*Docteur en philosophie politique et épistémologie, enseigne à l’Université de Toulon- Auteur de « L’Enigme de la Rose – Richesses philosophiques du Petit Prince » Ed OVADIA 2014

Vitamine D

Extrait d’un article paru dans « Santé Naturelle » d’Août 2011

Pourquoi tant d’hostilité contre les médecines naturelles ?

Les médecines naturelles sont un domaine plus surveillé par les autorités que bien des activités criminelles.

La vente de compléments alimentaires naturels (plantes, vitamines, acides gras, acides aminés, minéraux, etc.), par exemple, est réglementée de façon beaucoup plus stricte que la vente de tabac, d’alcool, d’armes, ou encore de films incitant à la violence.

Le cas de la vitamine D

Pour illustrer la rigidité de la situation, nous allons parler d’un produit naturel dont aucun scientifique sérieux ne peut contester les bienfaits : la vitamine D.

La vitamine D est produite dans votre peau sous l’effet du soleil, et plus précisément sous l’action des rayons ultraviolets. Dans les pays du Nord de l’Europe, 75 % de la population souffre d’une carence en vitamine D pendant l’hiver. Cette carence est d’autant plus répandue que les foies de morue et de flétan et les poissons gras (sardines, hareng, maquereau, thon etc.) qui sont les principales sources alimentaires de vitamine D, sont de moins en moins consommés.

Or, manquer de vitamine D a des effets graves. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans la régulation du métabolisme phosphocalcique (indispensable au bon fonctionnement musculaire, intestinal, neurologique et à la minéralisation des os) ; elle est aussi fortement impliquée dans la synthèse de l’insuline par le pancréas. Enfin, elle exerce des fonctions physiologiques de type hormonal sécostéroïde en exerçant de multiples effets sur l’expression des gènes.

En effet, la vitamine D influence plus de 3000 gènes dans le corps dont, par exemple, les gènes qui contrôlent la lutte contre les infections, et qui produisent plus de 200 peptides anti-microbiens.

Et ce n’est pas tout !

Les études scientifiques ont établi un lien incontestable entre le taux de vitamine D et l’état de santé :

  • Selon une méta-analyse de 18 études en double aveugle randomisées, un taux élevé de vitamine D dans le sang réduit le taux de mortalité toutes causes confondues [1]. Une étude en double-aveugle, ou double insu, est une étude où des personnes suivent un traitement ou un placebo (faux médicament), sans que ni leur médecin, ni elles-mêmes, ne sachent si elles reçoivent le traitement ou le placebo.
  • Une étude récente a montré que le nombre de décès au Canada pourrait être réduit de 37 000 annuellement, soit 16 % des décès du pays, si la population avait un taux de vitamine D plus élévé [2].
  • Une étude réalisée en commun par les universités de Graz (Autriche) et Heidelberg (Allemagne) est arrivée à des conclusions similaires, en février 2009 : 3200 hommes et femmes de 62 ans en moyenne ont été observés sur une période de sept années. 740 sont décédés entre temps. Parmi les personnes décédées, elles étaient deux fois plus nombreuses à avoir un taux de vitamine D réduit, qu’un taux de vitamine D élevé.
  • Grâce à ses effets bénéfiques sur le système immunitaire, la vitamine D pourrait avoir un puissant effet de protection contre le cancer. Les chercheurs sur le cancer de l’hôpital Mount-Sinai de Toronto (Canada) ont comparé les habitudes alimentaires de 760 femmes ayant le cancer du sein à un groupe de 1135 personnes en bonne santé. Ils ont constaté que les personnes ayant un bon taux de vitamine D avaient 24 % de risques en moins de tomber malade. Des résultats similaires ont été observés pour le cancer de la prostate et du colon.
  • Les chercheurs de l’Institut du Coeur de Kansas City (USA) ont également démontré un effet protecteur de la vitamine D sur le coeur et les artères. En décembre 2008, ils ont évalué les données concernant plus de 10 000 personnes test, sur une durée de dix-sept ans. Il s’est révélé qu’un taux réduit de vitamine D dans le sang doublait le risque d’infarctus. Une cause possible de cet effet protecteur est la capacité de la vitamine D à diminuer la pression sanguine.

Face à tous ces bienfaits (et il y en a d’autres), la vitamine D présente aussi des dangers pour la santé. Mais ces dangers sont limités : il est impossible de souffrir de surdose de vitamine D par sa seule alimentation. Et il faut prendre quotidiennement des doses supérieures à 20 fois les apports journaliers recommandés (AJR), autrement dit avaler une douzaine de pilules ou d’ampoules de vitamine D par jour, pour observer des effets indésirables.

Vous pourriez donc penser qu’une complémentation modérée de vitamine D, dans les populations déficitaires, serait favorisée par les pouvoirs publics ; que le ministère de la Santé informerait le public ; et que les fabricants de ces compléments seraient autorisés à signaler les bienfaits à attendre de cette vitamine, par exemple en diffusant les résultats des études scientifiques citées ci-dessus.

Eh bien pas du tout. La vente de vitamine D à des doses suffisantes pour avoir un effet bénéfique réel est strictement interdite sans ordonnance d’un médecin. Ce qui explique que seule une infime proportion de la population, particulièrement bien informée et motivée, bénéficie des nouvelles découvertes sur la vitamine D.

Non seulement les fabricants de compléments alimentaires ne sont pas encouragés à informer le public de ses bienfaits, mais il leur est même interdit de le faire, et même de vendre des doses de 5 microgrammes de vitamine D (Apport Journalier Recommandé officiel).

De plus, s’ils vendent de la vitamine D en citant sur la notice une seule des études citées plus haut, ou s’ils laissent entendre dans la présentation du produit qu’elle peut avoir un bienfait pour la santé, quel qu’il soit, ils sont passibles des poursuites prévues à l’article L5122 du Code de la Santé Publique.

Interdiction des allégations thérapeutiques

Il est interdit aux fabricants de compléments alimentaires de mentionner sur leurs produits les effets  escomptés sur la santé, les maladies, en termes de prévention comme de guérison.
Si on suit la réglementation actuelle jusqu’au bout, il est interdit à une marque d’eau minérale d’indiquer sur l’étiquette que l’eau « aide à prévenir la déshydratation ». Ce n’est pas un canular, mais l’expérience réelle que viennent de réaliser deux chercheurs allemands, dont la demande a été refusée par l’agence européenne du médicament.

La conséquence est que les patients en sont réduits à courir des risques insensés en recherchant sur Internet des indications sur les compléments alimentaires qu’ils achètent. Risques insensés non parce que les produits qu’ils prennent pourraient leur causer des inconvénients, mais parce qu’ils ont de grands risques de passer à côté d’un produit qui pourrait les aider. Et pourtant, cette interdiction d’information est imposée au nom de « la protection de la santé publique ».

En prenant ainsi la défense des fabricants de compléments alimentaires, je sais que je m’expose à être critiqué comme un « suppôt de l’industrie » et des « vendeurs de pilules ».

Mais mon activité professionnelle ne consiste pas à vendre de tels produits : elle consiste à produire et publier de l’information sur la santé naturelle. J’aurais tout à perdre, en terme de crédibilité, à prendre le parti de tel ou tel secteur de l’industrie. Et précisément, ainsi que je le dis toujours, votre meilleure source de vitamine D est entièrement gratuite puisque c’est… le soleil !!

Comment en est-on arrivé là ?

L’hostilité des pouvoirs publics vis-à-vis des médecines naturelles date de la Seconde Guerre Mondiale, lorsque fut créé l’Ordre des Médecins en 1940, et que fut supprimé le diplôme d’herboriste en 1941.

Il s’agissait de faire entrer le pays dans la médecine « scientifique moderne ».

Il faut se replacer dans le contexte de l’époque pour comprendre cette démarche.

En toute bonne foi, des médecins, des chercheurs et des responsables politiques ont créé un système de santé centralisant tout le pouvoir et les ressources financières pour, selon leur vision, découvrir, et imposer, la meilleure solution, le meilleur protocole de traitement pour chaque maladie.

Cette démarche leur paraissait d’autant plus légitime que beaucoup étaient persuadés que ce n’était qu’une question de temps avant qu’on trouve un vaccin, ou des médicaments quelconques, qui viendraient à bout de toutes les maladies.

Le Ministère de la Santé en France développa une technostructure complexe faite d’un enchevêtrement d’agences, de comités, de « hautes autorités », d’ordres et de commissions, qui prirent sur eux de prendre les grandes décisions concernant la santé de la population. Les médecins, dans leur optique, devaient être traités comme de simples courroies de transmission soumises à leurs ordres et à leurs règlements. Les patients, eux, ne devaient plus avoir leur mot à dire puisqu’ils n’avaient pas la compétence technique pour comprendre ce qui était le meilleur pour eux.

L’Ordre des Médecins commença à imposer des protocoles de traitements standardisés, et à exclure les médecins qui refusaient de s’y soumettre. Une fois exclu de l’Ordre, un médecin n’a plus l’autorisation d’exercer la médecine. C’est donc une sanction extrêmement grave pour lui. Non seulement il perd son métier, mais il subit une opprobre telle que rares sont les médecins qui osent s’exposer à de telles sanctions – et personne ne peut leur en vouloir.

La médecine française a donc été mise au pas, et forcée d’entrer dans un seul moule. Un nombre incalculable d’herboristes et de guérisseurs, héritiers de traditions ancestrales d’une richesse pourtant fabuleuse, se retrouvèrent du jour au lendemain passibles de poursuites pour « exercice illégal de la médecine », ou « exercice illégal de la pharmacie » sous prétexte qu’ils n’avaient pas, et ne pouvaient pas, adhérer à l’Ordre des Médecins ou des Pharmaciens. Il en fut de même dans les monastères où certains religieux se transmettaient encore des savoir-faire médicinaux datant de la nuit des temps.

On imagine le scandale que causerait une telle décision, prise aujourd’hui par le gouvernement du Brésil par exemple, qui imposerait du jour au lendemain sur toute l’Amazonie que seuls les médecins dûment diplômés des facultés d’Etat des villes côtières occidentalisées aient le droit de prodiguer des soins, ou de donner des plantes aux malades.

Nul doute que des mouvements énormes de protestation seraient organisés à l’ONU, à l’UNESCO, et par les ONG du monde entier au nom du « respect des cultures », pour protester contre une tentative aussi barbare de faire table rase du passé. C’est pourtant exactement l’oppression qui a été imposée, et qui continue d’être imposée, en France sur les malades et les médecins bien qu’en Occident, le savoir en occident se soit aujourd’hui très largement perdu.

Un couvercle de plomb

Protocoles de traitements de la moindre maladie, autorisations de mise sur le marché des médicaments, taux de remboursement, prix des consultations, critères de sélection des médecins, nombre de diplômes de médecins délivrés (le fameux numerus clausus), répartition territoriale des hôpitaux et cliniques, campagnes de vaccination, tout fut donc désormais décidé par le seul Ministère de la Santé, et la technostructure qui en dépend. Aujourd’hui encore, c’est lui, et lui seul, qui décide ce qu’il faut faire et penser dans tous les domaines de la médecine et de la santé : ce que votre médecin a le droit de vous prescrire, les traitements que vous avez le droit d’entreprendre.

Cette situation est potentiellement génératrice de souffrance pour les patients, qui peuvent avoir l’impression de n’être qu’un rouage du système de santé. Mais elle est également d’une grande violence pour les médecins, qui peuvent avoir le sentiment que les conditions ne sont plus réunies pour qu’ils puissent remplir leur mission auprès des malades.

L’extrême sévérité et rigidité du système de santé à l’encontre des médecins « déviants » n’a toutefois pas permis de protéger le public contre les charlatans, qui semblent même être plus nombreux que jamais, ainsi qu’en témoigne le rapport, certes critiquable par bien des aspects, de la Miviludes (Mission de vigilance contre les sectes) paru le 10 juin 2011 au sujet des dérives sectaires dans le monde des thérapies parallèles.

Tout se passe comme si le couvercle de plomb qu’on a voulu imposer sur la santé, avait en réalité servi de serre protectrice pour que se développe, en France, une myriade de pratiques thérapeutiques douteuses. Ces dérives sont d’autant plus dangereuses que le patient en quête de solutions naturelles n’a plus aucun moyen de distinguer les thérapeutes sérieux des autres, tous étant soumis à la même suspicion, voire aux mêmes interdictions, dès lors qu’ils ne suivent pas les protocoles officiels.

Il est alors aisé pour un authentique escroc de crier à la persécution, ou aux atteintes à la liberté individuelle, alors qu’il met réellement en danger la vie de ses victimes.

La plus totale confusion, donc, règne.

La révolution Internet

Ce n’est pas parce qu’il y a un problème qu’il y a une solution.

Ainsi beaucoup de personnes malades aujourd’hui ne peuvent-elles pas compter, sans d’immenses risques et difficultés, échappper au carcan médical créé par le Ministère de la Santé, et à tous ses dangers.

Elles n’auront probablement jamais accès à l’information, ou au médecin alternatif, qui existe peut-être quelque part, et qui détient la solution pour les soigner.

Et de toutes façons, ne serait-ce que parce seuls les soins agréés ne leur sont remboursés, elles sont obligées de s’y soumettre pour des raisons financières, même si elles savent qu’il existe, ailleurs, des alternatives meilleures pour elles. Il n’y a pas le choix.

En revanche, rien n’interdit aux plus jeunes d’entre nous d’espérer avoir, un jour, la liberté de choisir leur médecine.

En termes de prévention également, la recherche scientifique progresse rapidement et les possibilités sont de plus en plus grandes. La seule difficulté est d’avoir accès à une information scientifique fiable et objective.

Mais grâce à Internet, d’immenses horizons de liberté se développent depuis plusieurs années. Cette lettre d’information gratuite est, je l’espère, un moyen pratique et agréable d’acquérir une culture générale sur la santé naturelle, et qui peut se révéler vitale un jour pour vous ou pour un de vos proches. Informer le public le plus largement possible, c’es en tout cas une façon de mener le combat pour la défense de l’intérêt des patients.

Puissions-nous, chacun là où nous nous trouvons, oeuvrer comme nous le pouvons pour que la médecine se recentre sur un seul objectif : la bonne santé… naturellement.

A votre santé,

Jean-Marc Dupuis

 

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C’est pour l’esprit d’ouverture que j’ai préféré un blog à un site internet, car vous pouvez ainsi laisser vos commentaires, textes, citations, articles, références de livres, informations de stages, etc… tout ce qui peut nous enrichir mutuellement. Laissons nous aller à la joie du PARTAGE !!